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Trafic de drogue : des opérations "Place nette XXL" lancées partout en France
Des gangs rivaux à l'origine d'une flambée de violence sans précédent. En déplacement à Marseille mardi 19 mars pour annoncer le lancement de la première des opérations "Place nette XXL" contre le trafic de drogue, Emmanuel Macron a promis de tout faire pour "détruire les réseaux et les trafiquants" qui "rendent la vie impossible" aux habitants. Une situation que ceux de la deuxième ville de France endurent sans doute plus que les autres, subissant depuis plusieurs mois une explosion de la délinquance et de la criminalité liées au narcotrafic.
Tout particulièrement visés : la "DZ Mafia" et "Yoda", dont les noms s'affichent sur les murs des cités des quartiers Nord, où les deux clans se disputent le contrôle de juteux points de deal, qui peuvent pour certains rapporter jusqu'à 80.000 euros par jour. Le premier se revendique d'Algérie, DZ étant l'abréviation de Djazair qui désigne le pays du Maghreb, tandis que le second a été baptisé en raison de peintures murales représentant le célèbre personnage de Star Wars.
Le nom du gang "Yoda", inscrit sur des poubelles à Marseille, en mai 2023. - Capture d'écran JT 20h TF1 mai 2023Avant de devenir ennemis, la "DZ Mafia" et "Yoda" ont d'abord cohabité. La police situe le début de leur rivalité à février 2023. En cause, une altercation entre leurs chefs, Félix Bingui, dit "le chat", tête présumée de "Yoda", et "Tic", surnom de Mehdi Laribi, patron de la "DZ Mafia", condamné à 10 ans de prison en 20111 pour un triple assassinat à Marseille.
Selon Frédéric Ploquin, spécialiste du grand banditisme, "une bagarre à main nue" serait survenue à des milliers de kilomètres des rives de la Méditerranée, dans une boîte de nuit à Phuket, en Thaïlande. "Félix Bingui qui était plus costaud, a eu le dessus sur 'Tic'" qui "n'a pas apprécié d'avoir le dessous", raconte le journaliste sur RMC.
La lutte pour le contrôle du trafic a ensanglanté Marseille comme jamais l'an dernier, avec 49 personnes tuées - dont quatre victimes collatérales - et 123 blessés à déplorer. Environ 35 de ces "narchomicides" étaient directement liés à la guerre ouverte entre les deux clans, soulignait en janvier Pascal Bonnet, adjoint à la police judiciaire dans le sud de la France.
Ces violences ont fini par s'exporter. En mai 2023, un commando appartenant a priori à la "DZ Mafia" s'est rendu en Espagne pour tuer deux Français appartenant au clan "Yoda", au pied d'un hôtel de la ville catalane de Salou. Une opération qui a démontré la capacité de la "DZ Mafia" à "se projeter à l'étranger et assassiner" non pas des petites mains du trafic, mais des "membres éminents du clan adverse", notait le procureur de la République, Nicolas Bessone, y voyant "un élément paroxystique" du conflit.
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Ces derniers jours, plusieurs coups de filet visant les deux clans ont eu lieu. Treize jeunes membres présumés de la "DZ mafia" ont ainsi été interpellés début mars à Marseille, Rennes et dans les Alpes-de-Haute-Provence dans le cadre d'une enquête pour tentative de meurtre en Espagne, quelques jours à peine après l'arrestation du chef présumé de "Yoda" au Maroc.
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